Nos anciens étudiants : Clarissa Acario, diplômée en 2009 et créatrice de W Y L D E

En venant faire son master à l’Université de la Mode de Lyon, Clarissa partait à l’aventure. Une aventure qui l’a menée à Paris où elle a créé sa marque éco-responsable W Y L D E. Estelle Bertrand

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Marylène Magnaud & Clarissa Acario ©Modelab

Faire un métier qu’on aime, et dans lequel on retrouve nos valeurs personnelles, conditionne les plus grands bonheurs.

Racontez-nous votre parcours

Je suis née et j’ai grandi au Brésil, à Belo Horizonte, où j’ai fait des études de stylisme. Après ça je me suis donné comme objectif de continuer ma formation à l’étranger et le choix de la France me paraissait naturel au vu de l’importance de ce pays dans le domaine de la mode.

Je me suis donc embarquée dans cette aventure : tout laisser derrière moi, apprendre une nouvelle langue, me jeter dans l’inconnu ! Je n’étais jamais sortie du Brésil et me retrouver en France, et plus précisément à Lyon, a été une très belle expérience. J’ai appris beaucoup de choses et cela m’a fait grandir.

Quelle est votre situation actuelle ?

Aujourd’hui je suis installée en région Parisienne avec mon compagnon et un enfant (bientôt 2 à vrai dire !). Je suis montée sur Paris en 2009 pour faire un stage afin de valider mon master à l’Université de la Mode. Suite à une opportunité d’embauche j’ai décidé d’y rester. Après quelques années dans cette société, je me suis lancée dans l’aventure W Y L D E.

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Parlez-nous de votre marque W Y L D E.

W Y L D E, qui est l’acronyme pour Words Youth Love Dust Echoes, est un projet né en 2013. J’avais envie de me lancer, de m’épanouir dans la création et de retrouver mes valeurs dans ma vie professionnelle.

Au départ j’ai lancé la marque W Y L D E avec l’envie de proposer un vestiaire unique et désirable grâce à l’upcycling, mais un upcycling avec du style. Car rien ne se perd, tout se transforme ! Dans l’industrie de la mode, les déchets sont l’un des principaux problèmes et il fallait trouver des solutions. J’ai vu dans les friperies une nouvelle ressource pour créer la mode, une mode qui me ressemble.

La première année j’ai été suivie par la pépinière de projet GEAI – BGE Paris, ce qui m’a permis de comprendre qu’il fallait développer ma marque sur des séries de pièces uniques ou sur des collections. En 2014 avec la naissance de mon fils le projet a ralenti, et j’ai pu prendre du recul pour analyser ma marque. L’arrivée d’un enfant a confirmé mon envie d’être dans une démarche éthique, de recyclage tout en gardant un style et une identité forte.

En 2015 j’ai lancé ma campagne de crowdfunding afin de lancer la première collection en matières éco-conçues (des fibres recyclées). C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Marylène Magnaud, qui est devenue mon associée et qui m’a aidé à développer la marque. En 2016 nous avons été invitées au salon Who’s Next avec un collectif de jeunes marques, ce qui nous a permis d’avoir une belle visibilité et un meilleur réseau de distribution. Aujourd’hui nous avons 3 points de vente : un à Paris, un à Miami et un à Berlin.

Ma créativité s’est affirmée avec W Y L D E, j’ai pu vraiment lâcher prise par rapport aux tendances et créer ce que j’aime. Mes inspirations viennent de l’architecture, de l’art, du monde qui nous entoure et des comportements sociaux comme le « slowlife » par exemple.

Les collections W Y L D E sont éco-conçues et sont fabriquées de A à Z en France (création, développement, fibres et matières premières, confection). Le choix du made in France est surtout une manière de montrer qu’il est encore possible d’en faire et qu’on doit valoriser le peu d’acteurs qui restent sur le territoire. On valorise ce savoir-faire et ce bel héritage Français.

Quelles ont été les difficultés rencontrées lorsque vous avez créé votre marque ?

Les difficultés et obstacles sont toujours présents, mais lorsqu’on les dépasse la satisfaction est énorme ! Cela permet de faire grandir le projet et de dépasser nos peurs.

Pour la création de W Y L D E la plus grande difficulté a été de passer de l’idée au concret. Il a fallu définir une cible et créer une identité de marque cohérente et tendance. J’ai aussi dû apprendre d’autres métiers tels que la gestion, la comptabilité, la communication, etc. On apprend à devenir multi-casquettes ! Pour réussir ce défi j’ai eu la chance de pouvoir faire des formations avec les organismes qui m’accompagnaient. L’autre difficulté ce sont les ressources financières…

Bon la liste est grande mais je m’arrête là !  Ce qu’il faut retenir c’est qu’à chaque difficulté ou obstacle, il y a une solution. Il faut juste savoir ou vous voulez aller.

Une journée type dans votre peau ça ressemble à quoi ?

Mes journées sont très atypiques… Un jour je peux passer la journée à faire de la comptabilité, gérer les entrées et sorties, payer les prestataires, etc. et si une idée me viens je la dessine vite dans un petit cahier.

Un autre jour je vais aller dans une ressourcerie chiner des pièces en bon état pour les transformer par la suite. A ce stade j’imagine déjà des gammes de couleurs, des modèles et des thèmes.

Il y a aussi les journées plus créatives, mes préférées ! Je m’isole pour retrouver mon inspiration et je dessine des heures et des heures. Souvent en 3 ou 4 jours la collection est faite. Ensuite je m’attelle au modélisme et au prototypage.

Pour vous c’est qui et/ou quoi qui fait la mode du moment ?

Je crois fortement que ce qui fait notre mode aujourd’hui c’est cette génération qui a envie de bousculer les normes, de faire différemment, de valoriser les valeurs humaines anciennes tout en gardant la soif de l’innovation et de la technologie.

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W Y L D E  –  Crédit : Nafissa Harvoire

Vous avez un créateur favori ?

J’ai été marquée par trois créateurs : Yoji Yamamoto, Martin Margiela et Alexander Mc Queen

Vos conseils pour les étudiants de l’Université de la Mode ?

Libérez-vous des dictats, soyez vous-mêmes, retrouvez votre style et votre identité, vos valeurs et vos envies les plus personnelles. Avec de la rigueur et de la férocité vous allez y arriver.

Faire un métier qu’on aime, et dans lequel on retrouve nos valeurs personnelles, conditionne les plus grands bonheurs.

Pour finir, la mode pour vous en un mot ?

Personnalité.

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