Mode 2021 : le grand retour du corset

Si vous suivez les réseaux sociaux et êtes à jour sur les dernières séries et tendances du moment, vous n’avez pas pu passer à côté de la nouvelle mode des corsets.

Colorés, souples, rigides, en cuir, en dentelle, par-dessus un t-shirt ou simplement en lingerie, on le décline dans toutes les couleurs et toutes les matières. Retour en arrière sur l’histoire de ce vêtement détesté à l’époque, et plus qu’adoré aujourd’hui, avant d’essayer de comprendre cette nouvelle tendance apparue sur les réseaux.


Perçu comme un vêtement imposé aux femmes par les hommes, le corset a fait l’objet de nombreuses controverses et sa forme n’a cessé d’évoluer.

Son ancêtre, le corps piqué, arrive dès le XVIème siècle dans les pays ayant une grande influence en Europe, comme l’Espagne. Composée de tiges de bois, d’ivoire ou de nacre, cette armature rigide compresse le ventre et la poitrine, afin d’obtenir une silhouette à la taille fine ainsi qu’une posture droite, qui témoigne d’une rigidité physique et morale que les femmes doivent suivre.

Exemple de corps piqué, ici représenté dans le tableau d’Agnolo Bronzino, Eléonore de Tolède et son fils Ferdinand Ier, c.1550, tempera sur bois, 115×96 cm, Les Offices, Florence

Dans les siècles qui suivent, les tendances de modes associées au corset modifient sa composition. Celui-ci devient plus souple, et apparaissent alors des lacets sur le devant pour le nouer, ainsi que des pans décoratifs sur le bas du ventre. Toutefois, le corset est moins populaire à certaines périodes, notamment lors de la Révolution française, où celui-ci est associé à la noblesse. Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXème siècle que le corset refait surface, mais les controverses sont encore nombreuses. On lui reproche de déformer le corps de la femme, de compresser les organes, et on l’accuse d’être à l’origine de nombreuses pathologies. En simple, le corset est vu comme un véritable outil de torture pour les femmes, et les suffragettes se battent pour son interdiction dès le début du XXème siècle.

Et c’est bien dans ce nouveau siècle qu’on abandonne (presque) ce vêtement. Le couturier français Paul Poiret prône dès 1906 une mode sans corset. Dès les années 1920, Coco Chanel créée ses collections dans cette même optique, celle de libérer le corps de la femme de toute contrainte et de lui permettre d’être plus active et libre de ses mouvements.

Coco Chanel portant un ensemble en jersey à Biarritz, 1928

Malgré quelques tendances qui persistent, comme avec la taille marquée du style « New Look » de Christian Dior, ou encore les bustiers extravagants chez Christian Lacroix ou Thierry Mugler dès les années 1980, le corset semble n’être qu’un lointain souvenir de la garde-robe féminine et n’est porté qu’à de très rares occasions (création artistique, défilés par exemple). Mais c’était sans compter sur les réseaux sociaux qui ont aujourd’hui décidé de s’approprier cette mode au travers de leurs personnages fictifs préférés.

Ces personnages, essentiellement féminins, proviennent de séries historiques ou fantastiques, et semblent remettre au goût du jour une mode si controversée. C’est notamment le cas des fans de la série La Chronique des Bridgerton.

L’intrigue se déroule lors de la Régence anglaise, et la première saison (déjà disponible sur Netflix, avec une saison 2 en production) se concentre sur le personnage de Daphné, l’aînée des filles de la famille Bridgerton. Robes coupe empire, boucles à l’anglaise, tissus pastels et, bien évidemment, corsets, les garde-robes de ces femmes issues de la haute société londonienne reprennent de nombreux codes de l’époque.

Image tirée de la série La Chronique des Bridgerton, disponible sur Netflix

Le succès de cette série fut si grand, que les fans se sont retrouvé.e.s sur les réseaux pour tenter de recréer l’univers et les tenues de ces personnages. L’objet phare de ces reproductions : le corset. Chacun.e partage ses trouvailles, en friperies comme sur de grands sites de lingerie ou encore sur Amazon, sans oublier les marques indépendantes trouvées au détour des réseaux. Ces trouvailles, souvent présentées en vidéo, attirent de nombreux followers qui continuent de faire grandir cette tendance.

Source: corset vendu sur le site Agent Provocateur
Source: bustier vendu sur le site Victoria’s Secret

On retrouve alors différents contenus tels que des vidéos « How to wear a corset » (traduction : « Comment porter un corset »), des « Outfits of the Day » (traduction : « tenues du jour ») ou encore des challenges sur la plateforme TikTok, où on resserre son corset en vidéo pour montrer la différence que ce vêtement peut faire sur la taille et/ou la poitrine.

En bref, le retour de la tendance du corset semble avoir ouvert la voie à toutes les fantaisies. Si vous avez toujours rêvé de recréer l’une des tenues de votre série historique préférée, où que vous souhaitez vivre une journée tel l’un des personnages de Jane Austen, les réseaux sociaux sont là pour vous aider et vous inspirer.

Attention cependant si vous souhaitez porter votre corset à l’extérieur : on oublie les robes paniers et autres vertugadins, car le corset se porte autant par-dessus une robe, qu’avec un jean et des baskets.

Tenue avec corset, article vendu par StatnaiaCorsets sur Etsy

Il semble alors un peu ironique de voir que le corset est devenu un nouvel incontournable de ces dernières années, alors que de nombreuses personnes, en majorité les femmes, se sont battues pour sa disparition.

Mais heureusement, le corset d’aujourd’hui se différencie du corset de l’époque. Les matières sont plus souples, plus légères, et celui-ci est devenu simplement esthétique et ne contraint plus le corps comme auparavant. Et surtout, il n’est plus imposé.

Le corset semble alors être devenu un vêtement versatile, où chacun et chacune peut tenter de l’incorporer dans sa garde-robe pour son aspect esthétique, voire parfois fantaisiste.

Et vous, que pensez-vous de ce retour du corset ? L’avez-vous déjà adopté ?

Elise Bagnasco

Guide des meilleures friperies de Lyon pour une consommation plus responsable

Alors que toutes les boutiques de fast-fashion se trouvent fermées pour la troisième fois, il serait intéressant de se questionner – réellement – sur cette industrie du « toujours plus vite, toujours moins cher ». C’est pourquoi aujourd’hui, nous vous proposons un petit guide pour une consommation de la mode plus responsable avec une liste des meilleures friperies de Lyon, des alternatives e-shop et quelques conseils pour acheter de seconde main !

Premièrement, c’est quoi la fast-fashion ?

Introduite dans les années 1990 dans les plus grands foyers de la mode tels que New York et Londres, c’est dix ans après en lien avec l’implantation massive des magasins tels que Zara et H&M, qu’elle se popularise. Depuis, la fast-fashion fait partie de notre quotidien ; consommer toujours plus vite et toujours moins cher. Pour vous donner un ordre d’idée, le groupe Inditex, « créateur » de la fast-fashion et maison mère de Zara, produit 200 nouveaux modèles par jour en s’inspirant – en copiant – des modèles sortis en amont sur les défilés de mode (car oui, il est important de le rappeler, vous n’avez jamais vu un modèle emblématique d’une marque de fast-fashion). Ce sont chaque année, plus d’une trentaine de collections qui sortent contre quatre traditionnellement prévues. Il ne servirait à rien de continuer à sortir les chiffres effrayants de cette industrie (la plus polluante après celle du pétrole), cependant il est aussi important de rappeler que derrière cette robe achetée à 7 € la semaine dernière, quelqu’un paiera son véritable prix en étant sous-payé et sous-traité.
Si vous souhaitez en savoir plus, nous vous conseillons un des derniers documentaires d’Arte, « Les Dessous de la mode à bas prix », qui met en avant l’impact social et environnemental de cette industrie en se focalisant sur l’Europe, les Etats-Unis et l’Inde. Il révèle notamment la face cachée de la célèbre marque PrettyLittleThings, appartenant au groupe britannique Boohoo.

Afin de vous proposer des alternatives, voici la liste de supers friperies/magasins de seconde main à Lyon, afin de trouver des pièces originales et abordables !

Bon Fripe Bon Genre

Pour cette première recommandation, on vous emmène au troisième étage du 8 rue de Brest situé dans le 2ème arrondissement afin de découvrir la friperie Bon Fripe Bon Genre ; boutique extrêmement abordable qui mélange de nombreux styles. Vous allez pouvoir retrouver des pièces à 5 €, des jeans Levi’s ou encore une petite paire d’escarpins pour une quinzaine d’euros, le tout dans une ambiance cosy et stylé. De plus, vous pouvez dès à présent retrouver la sélection sur l’e-shop Bon Fripe Bon Genre : https://bonfripebongenre.fr/e-shop/
➢ 8 Rue de Brest, 69002 Lyon
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/BonFripeBonGenre
Instagram : @bonfripebongenre

Look Vintage

Photos : @friperielookvintage

Cette fois-ci, direction le quartier Saint-Paul dans le 5ème arrondissement de Lyon pour retrouver l’équipe de la boutique Look Vintage ! Cette dernière est une friperie hyper abordable et présente sur les quais de Saône depuis 2017. Ici, en plus d’un accueil au top, ce sont des pièces pour femmes et hommes très bien sélectionnées, colorées et disponibles également sur le e-shop https://shop.look-vintage.com/!
➢ 8 quai de Bondy, 69005 Lyon
Facebook : https://fr-fr.facebook.com/friperie.look.vintage/
Instagram : @friperielookvintage

Fripes Ketchup

Si vous aimez les endroits soignés et bien rangés alors direction les pentes du 1er arrondissement pour aller chiner chez Fripes Ketchup ! C’est sur deux étages que vous allez retrouver des pièces rétro, déjà sélectionnées et triées en amont, le tout à des prix relativement abordables.
Pas d’inquiétude, il est possible de faire son shopping sur le site internet de la boutique : https://www.fripesketchup.com/boutique/
➢ 25 rue Sergent Blandan, 69001 LYON
Facebook : https://www.facebook.com/fripesketchuplyon/
Instagram : @fripesketchup

Les Emmaüs de la Rue de Créqui

Comment vous parler de friperie et de seconde main sans vous parler d’Emmaüs. En effet, dans ces deux boutiques voisines, il faudra chercher et repasser le plus souvent possible pour trouver la pièce parfaite, mais quand c’est chose faite et qu’en plus celle-ci ne vous a coûté que 4 €, vous n’allez pas regretter le détour ! Emmaüs c’est des fringues, de la déco, des livres et de la musique à des prix imbattables. Ce qu’il ne faut pas oublier c’est qu’en consommant chez eux, vous permettez au groupe Emmaüs de vivre et donc de venir en aide à toute une communauté solidaire et engagée.
Frip’attitude Emmaüs :
➢ 281 Rue de Créqui, 69007 Lyon
Emmaüs Créqui :
➢ 283 Rue de Créqui, 69007 Lyon
Pour en savoir plus sur l’association : https://emmaus-france.org/qui-sommes-nous/notre-organisation/

La bonne nouvelle, c’est qu’Emmaüs a sorti sa plateforme de vente en ligne Trëmma en janvier dernier et que vous pouvez dès maintenant mettre en ligne des objets et vêtements sur le site. A contrario des plateformes tels que Vinted ou Leboncoin, le bénéfice de cette vente revient à une cause que vous choisissez ! https://www.tremma.co/

Bric à Brac

Pour bien terminer cette liste, nous vous proposons d’aller dans le 9ème arrondissement de Lyon afin de découvrir le Bric à Brac Notre Dame des Sans-Abri, composé de nombreux rayons à très bas prix.
Vous pouvez y retrouver des vêtements, de la déco, de la vaisselle, des livres ou du mobilier. C’est sans doute le meilleur endroit pour aller chiner lors d’une matinée et ramener quelques trouvailles vintage !
➢ 21 rue Berjon, 69009 Lyon
Site internet de l’association : https://www.fndsa.org/bric-a-brac/bric-a-brac-lyon-vaise.html
Facebook : https://www.facebook.com/pg/LEFOYERNOTREDAMEDESSANSABRI/about/?ref=page_internal

Après ces quelques recommandations, voici quelques conseils et astuces pour acheter de seconde main !

Faites attention aux petits trous et aux tâches sur les vêtements de seconde main, mais ne vous freinez pas à ça pour autant ! Pensez à regarder sous les manches, à l’intérieur du vêtement et dans les ourlets. Si une tâche est présente, essayez de frotter doucement au savon de Marseille et à l’eau froide ou au bicarbonate de soude/eau (mais pas pour les couleurs foncées) à l’aide d’une éponge ou d’une brosse à dents.
Pensez à regarder l’étiquette ! Le nom de la marque, la provenance et la composition du vêtement pourraient grandement vous aider à savoir si oui ou non, il faut acheter la pièce.
Si le vêtement est trop grand, pensez à l’upcycling ! Il suffit de rechercher sur internet des vidéos et autres ressources pour trouver un tuto afin de rétrécir un jean à votre taille, faire des ourlets ou même le personnaliser entièrement. Pour cela, les chaines YouTube et comptes Instagram de @RosaBohneur, @RubiPigeon ou @_marionlouisa_ peuvent vous aider !

Marion Asselin

Pyer Moss, une enseigne visionnaire et activiste

Kerby Jean-Raymond est un créateur de mode new-yorkais militant et engagé. Ses collections dépeignent une réalité brute et racontent une histoire forte. Entre couture et culture, le trentenaire manie textile et politique, tout en réinventant le sportswear.

« Si vous venez seulement d’apprendre l’existence de Pyer Moss, on vous pardonne »

Originaire de New-York et issu du quartier de Brooklyn, Kerby Jean-Raymond a été formé à la High School of Fashion Industries de Manhattan. Alors qu’il est étudiant, il fait ses premiers pas dans le métier comme apprenti au sein du label de Kay Unger. Il enchaîne ensuite chez Keren Craig et Georgina Chapman, pour la marque Marchesa, une maison de haute couture qui propose essentiellement des robes de soirée et de mariage. Il travaille également en freelance pour Theory et Marc Jacobs.

En 2013, le styliste lance son propre label. Il s’inspire du nom de sa défunte mère, Vania Moss-Pierre pour définir son enseigne. Pyer Moss voit alors son travail comme un « projet artistique », en alliant engagement politique et esthétique.

Le designer est aujourd’hui une figure dominante du streetwear. Il a démarré sa carrière sur les chapeaux de roues, et très vite, l’artiste s’est démarqué à travers ses projets artistiques. Pyer Moss est une célébration permanente de la culture afro-américaine. Consciencieux, Kerby Jean-Raymond ne cesse de lutter contre le racisme et le manque d’inclusion des communautés afro-américaines dans son pays. Ce dernier ne manque pas d’affirmer et d’afficher ses convictions qui sont d’ailleurs l’essence même de sa marque, tout en se réappropriant les codes d’un monde moderne. 

Dans sa dernière collection était inscrit sur des tee-shirts : « si vous venez seulement d’apprendre l’existence de Pyer Moss, on vous pardonne ». Ce message fait référence aux Afro-Américains qui sont laissés dans l’ombre, dans le milieu de la mode et dans la société étatsunienne.

En effet, ce n’est pas la première fois que le jeune homme délivre des messages forts sur ses tee-shirts. En 2015, lors de la présentation de sa collection intitulée « They have names », on pouvait lire sur ses créations une liste de noms afro-américains ayant été tués par la police. L’année suivante, ce dernier avait diffusé des images de policiers violents envers la communauté afro-américaine, lors de son défilé. Il explique : « Les gens n’étaient pas prêts […] J’y ai mis beaucoup de cœur, nous avons attribué des places au premier rang aux familles des victimes ». En bouleversant les codes de la société, certains critiques généralement placés au premier rang, ont tourné le dos à sa démarche, n’ayant pas l’habitude de se retrouver en second plan. Sa lutte artistique contre le racisme lui a même valu des menaces de mort de la part du Ku Klux Klan. De nombreux investisseurs ont cessé de soutenir le créateur qui s’est retrouvé à court d’argent. En 2017, Ce dernier n’a pas perdu espoir et a su rapidement surmonter cette crise en collaborant avec la marque Reebok

L’artiste contemporain est tel un électron libre. Son art se veut l’effet d’un électrochoc. Anticonformiste, il ne souhaite pas se plier aux règles oppressantes de la mode, en particulier celles de la Fashion Week : « Ça me stresse trop d’essayer de suivre le rythme des fashion weeks. Et le travail souffre de la pression. Je le montre quand il est prêt. ».Sur le devant de la scène, Kerby Jean-Raymond semble invulnérable dans son engagement. Le créateur a déclaré dans une interview : « Notre pouvoir, c’est notre histoire ». Cette phrase semble définir parfaitement l’identité du créateur.

Siham El Yandouzi

Maison ART/C, un mariage entre art et tradition

Artsi Ifrach est le fondateur de l’enseigne Maison ART/C. Ses collections hautes en couleurs dépeignent ses souvenirs d’enfance et dévoilent les racines d’une personnalité envoûtante.

Un esprit rêveur et des créations oniriques

Natif de Jérusalem et originaire du Maroc, Artsi Ifrach est un créateur de mode autodidacte qui puise ses sources d’inspirations dans le pays du Couchant Lointain. Il est aujourd’hui le designer le plus influent de Tel-Aviv. Anticonformiste, Il propose des pièces uniques en leur genre. Il mélange les couleurs, les imprimés et les matières pour transmettre ses émotions et poétiser ses œuvres. Ce dernier raconte ses souvenirs et intègre son héritage culturel dans ses collections. Maison ART/C tient l’équilibre entre tradition et innovation. C’est une enseigne indéniablement contemporaine, qui ne regarde pas vers le passé et qui explore ses rêves.

En effet, pour Artsi Ifrach les rêves sont essentiels dans le milieu de la mode. Ils encouragent à inventer et permettent de comprendre l’identité du créateur. Selon lui, il faut du courage pour rêver. Il songe à un monde plus ouvert et nous connecte émotionnellement à chacune de ses créations. Il imprègne ses idées à travers ses collections éclectiques.

Maison ART/C ne rentre pas dans une case et rompt sans hésitation avec les codes conventionnels.Genderless, l’enseigne propose une vision colorée, multiculturelle et originale, en juxtaposant les imprimés, les matières et les formes. Elle s’affranchit des frontières culturelles. Ses créations vibrantes ne ressemblent à aucune autre et dévoilent une richesse historique. Artsi Ifrach crée un paysage unique en associant des pièces vintage contrebalancées par des motifs particuliers et des matières premières. Selon lui : « la mode est une partie de l’art qui nous parle à travers la culture et l’individualité ».

Le créateur s’intéresse également à l’art africain et approfondit ses recherches pour valoriser cette culture. Ce dernier a déclaré : « Nous allons toujours vers ce tissu de cire que tout le monde porte et nous allons toujours vers ce masque en bois et nous allons toujours vers ce masque très tribal et très fort, mais si vous y pensez, c’est beaucoup plus que cela, c’est beaucoup plus féminin et c’est beaucoup plus luxueux. Il y a tellement de vie à l’intérieur, mais j’essaie de l’adoucir ». Pour lui, la culture doit évoluer pour survivre. 

Un vêtement qui traverse les générations 

Le créateur israélo-marocain se préoccupe des enjeux du changement climatique. Anti fast fashion, il privilégie une mode écoresponsable, en recyclant tous ses produits et en produisant des modèles uniques en un seul exemplaire. L’un de ses objectifs est que ses œuvres puissent traverser les générations. Dans une interview accordée à Thought Leader Global, Artsi Ifrach raconte que « tout ce que l’on crée aujourd’hui n’est pas fait pour durer ». Ce dernier explique qu’il a utilisé une vieille couverture qu’il a trouvé dans la maison abandonnée de son père pour coudre un ensemble. Pour lui, l’avenir de la mode réside dans le passé, et plus particulièrement dans le vintage.

Siham El Yandouzi

Message de l’équipe et coups de cœur 2020

À toutes et à tous, l’équipe Réseaux Sociaux et Blog de l’Université de la Mode vous présente ses meilleurs vœux pour cette nouvelle année !

Nous savons que la situation est encore bien délicate, mais nous espérons rendre vos moments de loisirs plus agréables à travers nos publications sur le blog ainsi que sur les réseaux de l’université.

Pour commencer l’année, notre premier article se compose d’une revue culturelle : on vous recommande un film, une série ainsi qu’un roman, afin de vous donner des idées pour occuper votre temps libre.

Nous vous laissons donc avec ce premier article, et n’hésitez pas à jeter un œil aux dernières publications Instagram, ainsi qu’aux portraits de l’équipe déjà disponibles sur le blog !

Au plaisir de vous retrouver sur les réseaux,

L’équipe Réseaux Sociaux et Blog.


Alors que chacun et chacune passe la plupart de son temps chez soi, on peut tomber à court d’idée pour passer le temps. Comme tout le monde en 2020, je me suis tournée vers les films, les séries ainsi que la littérature pour m’occuper quand nous ne pouvions pas sortir. Et comme tout le monde, j’ai essayé d’y voir un peu de positif : quitte à rester chez soi, autant regarder les films et lire les livres auxquels je n’avais pas encore accordés de temps. J’ai eu la chance de tomber sur quelques merveilles, que j’ai voulu partager avec vous aujourd’hui.

Je vous emmène donc avec moi pour un petit tour de mes coups de cœur 2020, en espérant vous convaincre de les découvrir aussi, si cela n’était pas déjà fait.

Un programme : un film qui est un plaisir pour les yeux et les oreilles tant ses images et sa musique sont époustouflantes, une série qui m’aura fait pleurer à chaudes larmes, et un livre dont j’attendais la sortie depuis deux ans.

On commence avec l’excellent film de Sam Mendes, 1917, sorti en 2019.

Avant de visionner ce film, j’avais une certaine appréhension. Les films de guerre, ce n’est pas mon genre. Et, pour être honnête, avec une atmosphère aussi tendue que celle que nous vivons aujourd’hui, pourquoi voudrait-on regarder un film qui aborde l’une des périodes les plus sombres de notre histoire ? Une réponse : voir le tour de force de Sam Mendes dans 1917. Un an après avoir vu ce film, sa beauté au même titre que sa dureté me restent en tête.

Deux jeunes soldats anglais se lancent dans une course contre la montre au cœur du territoire ennemi pour délivrer un message qui pourrait sauver la vie de centaines de soldats. Ils sont deux, et n’ont que quelques heures pour y arriver.

Vous avez probablement déjà entendu parler de 1917, et peut-être même que ce paragraphe vous ennui de devoir lire une énième critique de ce film qu’on ne vous a recommandé que trop de fois. Le film a reçu, parmi de nombreuses récompenses, les prix de la meilleure photographie ainsi que des meilleurs effets visuels aux Oscars 2020. Et celui-ci mérite tous les éloges qui lui ont été faites. En plus de son rythme effréné et de son scénario à la fois violent et émouvant, on note ses couleurs, sa fluidité, sa lumière, cette scène de nuit vers la fin du film que quiconque a vu saura reconnaître, mais surtout sa fameuse technique de plan séquence, qui n’en est pas vraiment un. Le meilleur moment, c’est quand on remarque cette « non-coupure » de la caméra, et qu’on se rend alors compte que, et bien, il n’y a pas de coupure image durant tout le film… ou presque. Je ne vous en dis pas plus.

Mon ressenti : Sam Mendes nous plonge au cœur de la Première Guerre mondiale, et on fait l’expérience de cette partie de l’histoire en première ligne, du point de vue des soldats. Mais 1917 c’est aussi la fraternité, l’entraide, la beauté au milieu du chaos, trouver des moments de douceur, voire de paix, au sein d’un monde déchiré. Et quand le film touche à sa fin, on relâche ce souffle qu’on retenait depuis bien trop longtemps. On sursaute, on s’attache, on pleure et on ne sait plus vraiment que faire de nous-mêmes après ce coup de maître, tant ce film nous bouleverse.

Si vous n’avez pas encore vu 1917, je vous conseille vivement de sélectionner votre plateforme de streaming et de vous isoler pendant 1h59 pour en prendre plein les yeux. Si ce n’était pas déjà fait et que j’ai su vu convaincre avec ces quelques lignes : je pense que vous me remercierez plus tard.

Pour la suite de cet article, je vous conseille la série The Good Place réalisée par Michael Schur (disponible sur la plateforme Netflix), sortie en 2016 et qui a touché à sa fin en 2020.

Cette série m’a été recommandée à de nombreuses reprises. J’ai essayé de la visionner une première fois, mais le cœur n’y était pas. Après une seconde tentative, je m’étais un peu résignée : cette série n’est définitivement pas pour moi. Puis arrive 2020, plus de temps-libre qu’on ne voudrait, et Netflix qui devient soudain notre meilleur ami. Sur ma page d’accueil, une énième recommandation de la part de la plateforme de streaming : The Good Place. Netflix, c’est bien parce que c’est toi… Et parce que je n’ai rien à faire ce week-end. Je ne sais pas ce qui m’a manqué lors de mes premiers visionnages, mais au printemps 2020, j’ai binge-watch­é cette série et l’ai donc terminée très rapidement.

Eleanor est décédée. C’est ce que lui dit Michael lorsqu’elle arrive au Bon Endroit (The Good Place en anglais). Malgré sa vie plutôt désordonnée, elle se dit que la chance lui a souri puisque, contre toute attente, elle ne se retrouve pas au Mauvais Endroit et peut profiter d’un repos éternel sûrement bien mérité. Toutefois, sa première journée au Bon Endroit ne se passe pas comme prévu, et Eleanor avoue quelque chose à son âme sœur Chidi, qui ne laisse présager rien de bon pour la suite des évènements…

Si comme moi, vous n’étiez pas convaincu.e.s à la vue de la bande-annonce sur Netflix ou suite aux nombreuses recommandations de vos ami.e.s et bien… Nous avons eu tort. The Good Place nous présente des personnages hauts en couleur, plus décalés les uns que les autres. On s’attache, on rit avec eux et on observe leur progression qui les met parfois dans des situations inattendues. Les rebondissements ainsi que l’humour n’ont pas semblé manquer lors des quatre saisons dont se compose la série. Mais derrière ces histoires de « Bon » et « Mauvais » endroits, on retrouve une vraie réflexion sur la vie après la mort. On nous met parfois face à nos propres angoisses, mais cette série vulgarise l’inévitable de sorte que la mort devient presque un sujet secondaire dans l’intrigue.

En bref, The Good Place c’est du décalé, du rocambolesque, de l’attachement et beaucoup (beaucoup) de larmes, de rire comme d’émotion. Si vous recherchez une série assez légère, au format assez court (quatre saisons qui comptent chacune treize épisodes d’une vingtaine de minutes) pour vos prochaines soirées Netflix, je ne peux que chaudement vous recommander cette série.

Enfin, pour les lecteurs/trices présent.e.s sur ce blog, vous n’avez pas pu passer à côté du phénomène de ces dernières années : La Passe-miroir (2013-2019) par Christelle Dabos. En 2020, j’ai lu le dernier tome que j’attendais avec impatience, le livre 4 : La Tempête des échos.

Le premier tome de La Passe-miroir, intitulé Les Fiancés de l’hiver, a traîné sur mes étagères un petit moment avant que je ne me décide à le lire. Mais lorsque ce fut le cas, c’était comme une claque en pleine figure. J’adorais lire étant plus jeune, mais j’avais laissé ce loisir de côté pendant quelques années. Christelle Dabos m’a réconciliée avec la littérature, et j’ai dévoré les trois premiers tomes en très peu de temps.

Dans ces romans, on retrouve Ophélie, jeune femme maladroite et obstinée, qui vient de l’arche d’Anima. Et comme sur chaque arche, les habitants possèdent des dons. Pour Ophélie, ce sont ceux de pouvoir lire le passé des objets et de traverser les miroirs. Au début du premier tome, la jeune femme se retrouve dans un mariage arrangé avec Thorn, un homme provenant de l’arche du Pôle, qui se situe à l’autre bout du monde. Ophélie est forcée de quitter sa famille et tout ce qu’elle connaît, afin de suivre son fiancé. Mais sur sa nouvelle arche, entre rencontres incongrues et complots à la Citacielle, la jeune femme est entraînée malgré elle dans une course contre la montre.

Début 2020, j’ai donc entamé la lecture du dernier roman de cette saga. Malgré trois autres tomes riches en contenu et rebondissements, je n’avais aucune idée du déroulement de cette histoire. Ce qui m’impressionne le plus, c’est la capacité de l’autrice à créer un univers avec un fil conducteur qui relie chaque tome, mais à proposer presque quatre histoires différentes dans chaque ouvrage, tant l’univers de la saga évolue au fil de notre lecture. La minutie de Christelle Dabos fascine, car chaque détail compte, mais on ne s’en rend compte qu’après coup. L’histoire de La Passe-miroir semble alors se dessiner telle une énigme ou un jeu de pistes qui se déroule d’arche en arche. Les personnages deviennent ainsi nos compagnons de route, et on s’attache à eux grâce à leur authenticité et leur vulnérabilité. Vous l’aurez compris, je suis attachée à cette saga et mes attentes étaient donc grandes avant d’entamer cette lecture. Je ne vous gâcherai pas la surprise, mais il est certain que je n’ai pas quitté cet univers et ses personnages sans un pincement au cœur… « Un peu plus que cela, même ».

La série de livres La Passe-miroir est donc faite pour vous si vous aimez la fantasy, être en immersion dans des univers différents du nôtre, et les personnages à la fois attachants mais également très humains. Avec ces quatre livres avec plus de cinq cent pages chacun, vous aurez de quoi occuper vos week-ends.

Et c’est sur cette dernière recommandation que l’article prend fin. Si ce type de revues/recommandations vous plaît, n’hésitez pas à nous le faire partager via vos commentaires sur le blog ou sur nos réseaux. Vos retours comptent, et nous permettent de mieux cerner vos attentes quant aux contenus proposés.

Je vous laisse sur ces derniers mots, et vous souhaite une bonne semaine à toutes et à tous.

À très vite sous un prochain article,

Elise Bagnasco

Podcast : conversation avec Stéphane Gaboué (anglais)

Dans le cadre de leur master 2 Mode et Communication, les étudiant.es ont eu pour projet d’aller à la rencontre des diplômé.es de l’Université de la Mode et de réaliser un compte rendu de leurs entretiens. Ce projet pouvait prendre la forme qu’ils le souhaitaient. Découvrez aujourd’hui le travail de Pauline Bousson, Amélie Hug, Adrien Marie et Béril Yars.


Après avoir fait des études d’anglais et d’allemand, Stéphane Gaboué a été diplômé de l’Université de la Mode. Partagé entre son amour des langues, la mode et le journalisme, il a finalement eu une révélation en lisant un article de Suzy Menkes : en tant que freelance, écrire sur la mode en anglais, être photographe ou encore professeur à l’Université, lui permettrait enfin de réunir toutes ses passions. C’est donc avec un homme aux multiples talents que nous avons eu la chance d’échanger dans ces deux podcasts et que nous sommes ravis de vous faire découvrir ou redécouvrir.

Stéphane Gaboué

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Conversation croisée : mannequins d’aujourd’hui et inclusion

Dans le cadre de leur master 2 Mode et Communication, les étudiant.es ont eu pour projet d’aller à la rencontre des diplômé.es de l’Université de la Mode et de réaliser un compte rendu de leurs entretiens. Ce projet pouvait prendre la forme qu’ils le souhaitaient. Découvrez aujourd’hui le travail de Valérie Fischer, Emilien Lenormand, Louise Livet et Hadda Ouerghui Guerchi.


Étudiants en deuxième année de master Mode et Communication à l’Université de la Mode – Université Lyon 2, nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec deux  diplômées du master : Ana Moreno et Marion Loeper. Bien qu’elles occupent des rôles différents dans des entreprises différentes (respectivement assistante booking chez Women Management Paris et assistante de communication digitale chez Balenciaga) , nous avons pensé qu’il pourrait être intéressant de croiser leurs points de vues sur les nouveaux mannequins.

Mannequin et inclusion
Illustration de @thelmaetmoi

Bien longtemps réduit.es au rôle de simples cintres ambulants ou de jolis minois vendeurs, les mannequins sont de nos jours de véritables icônes stylistiques. Adulé.es pour leur beauté, suivi.es dans les tabloïds, ces nouvelles superstar symboles de perfection laissent peu à peu place à de nouveaux visages plus atypiques, plus « réels ». De la montée en puissance des mannequins grande taille aux success-story de modèles comme Winnie Harlow, les nouveaux mannequins vont-ils changer l’avenir de la mode ?

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Rencontre : le grand cru 2016-2017 de l’Université de la Mode

Dans le cadre de leur master 2 Mode et Communication, les étudiant.es ont eu pour projet d’aller à la rencontre des diplômé.es de l’Université de la Mode et de réaliser un compte rendu de leurs entretiens. Ce projet pouvait prendre la forme qu’ils le souhaitaient. Découvrez aujourd’hui le travail de Manon Le Roy Le Marrec, Léa Ruiz, René Boulay et Watcharin Toommong


Alors que l’Université de la Mode vient de fêter ses 30 ans, quoi de mieux que de découvrir ce que sont devenus les « anciens » de la formation. Charlotte Arnaud, journaliste, et Joanna N’Diaye, agent de photographes et de mannequins nous en disent plus sur leurs vies après la fac.

Charlotte et Joanna sont deux amies et anciennes étudiantes du Master 2 Mode et Communication, 2016-2017, de l’Université de la Mode, Lyon 2. Nous les avons retrouvés à Paris pour discuter de leurs formations, leurs souvenirs et de leur vie actuelle.

Charlotte, Joanna et l’Université de la Mode

Pétillantes et spontanées, dans une ambiance cosy et cocooning, entre points communs et différences, elles se sont essayées à l’exercice de la double interview et sont revenues pour nous sur leurs années universitaires.

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Rencontre : les 10 conseils de Charlotte et Sha pour créer sa marque

Dans le cadre de leur master 2 Mode et Communication, les étudiant.es ont eu pour projet d’aller à la rencontre des diplômé.es de l’Université de la Mode et de réaliser un compte rendu de leurs entretiens. Ce projet pouvait prendre la forme qu’ils le souhaitaient. Découvrez aujourd’hui le travail de Margaux Danière, Nafissatou Kaba, Juliette Le Bras et Chloé Thomas.


Vous êtes jeune, avec peu d’argent, mais vous avez des idées plein la tête, de l’énergie à en revendre et vous êtes en recherche d’une nouvelle aventure pleine d’adrénaline ?! Cet article est fait pour vous, découvrez en exclusivité nos conseils pour mettre toutes les chances de votre côté.

10 conseils pour créer sa marque

Avec leur Master Mode et Communication en poche, les anciennes étudiantes de l’Université de la Mode, Charlotte Pénide Minvielle et Sha Zhou-Roudet, décident de créer leur propre marque. La première prend le contre-pied de la fast fashion en proposant une seule collection permanente d’intemporels à l’esprit rétro représentant la femme enfant. Tandis que la seconde choisit de se lancer dans la maroquinerie éthique et esthétique. Ainsi au travers de la marque BLDF pour Charlotte et de Quinoa Paris pour Sha, elles nous donnent leurs 10 conseils pour réussir cette aventure passionnante.

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Rencontre : une journée avec Bénédicte Fabien

Dans le cadre de leur master 2 Mode et Communication, les étudiant.es ont eu pour projet d’aller à la rencontre des diplômé.es de l’Université de la Mode et de réaliser un compte rendu de leurs entretiens. Ce projet pouvait prendre la forme qu’ils le souhaitaient. Découvrez aujourd’hui le travail de Lynn Badran, Claire Bauer, Betsabé Clavell et Justine Vial. 


bédédicte fabien

Paris, un mardi de novembre avec une météo de novembre. Ce n’est pas encore l’hiver mais plus tout à fait l’automne. Le quartier du premier arrondissement est animé. Les rues de la capitale sont déjà décorées pour les fêtes de fin d’année. Les touristes et les parisiens flânent entre la place des Victoires et la Galerie Vivienne. Il est 16h00, nous nous dirigeons Rue de la Vrillère, les bureaux Leherpeur Paris, là où travaille Bénédicte Fabien en tant que directrice du planning stratégique.

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